avr
27
2016

Dialogue Oui ; mais pas dans un sens d’exclusion.

Depuis le début de la crise, Avril 2015, ça fait déjà une année. Pour le retour à la paix, à la sécurité et à la cohésion sociale, une bonne partie des burundais ainsi que la communauté internationale ont demandé aux institutions publiques d’organiser des dialogues inter burundais inclusifs. Ils exigeaient même que de tels dialogues s’organisent à l’extérieur du pays pour pouvoir intégrer ceux qui ne se sentent pas en sécurité en interne alors que leur apport est crucial. A côté de ces doléances, le Gouvernement s’est précipité en mettant sur pied une commission de dialogue, de caractère interne, dont les opposants qualifient de pseudo commission. Le Gouvernement a émis même des propos tendant à exclure certains groupes de Burundais dans ces dialogues.

Les hommes les plus avisés et expérimentés par le passé trouvent que la réussite des dialogues ne se base pas sur leur caractère national ou international, mais plutôt d’une volonté politique rassembleuse des parties prenantes. Frère Emmanuel NTAKARUTIMANA, qui fut président de la Commission Nationale Indépendante des Droit de l’Homme, CNIDH, dit que « la question ce n’est pas la tenue des dialogues comme tels mais la qualité du dialogue et la valeur de la volonté politique derrière ce qui se fait ».

Pour Frère Emmanuel, qu’il ait un dialogue à l’intérieur c’est bon « puisque de toute façon, il faut que les filles et les fils d’une même nation doivent apprendre à s’asseoir ensemble pour échanger sur les questions importantes de la vie du pays ». « Ceci ne veut pas dire qu’un pas éclipse les autres pas possibles surtout si ces autres pas sont aussi d’une importance capitale pour la vie d’une nation » ; renchérit-il. Pour lui, il ne serait pas bon de voir plus de 250 000 personnes réfugiées à l’extérieur du pays ne sont pas prise en compte dans tout ce qui se fait.

L’ancien patron du CNIDH demande que les leaders politiques aient un esprit visionnaire au niveau de la carrure politique pour rassembler les fils et les filles du même pays y compris ceux qui vivent à l’extérieur. « On a vu que ça soit pour le Burundi, que ça soit pour d’autres pays de la région combien l’oubli ou l’exclusion d’une catégorie de la population conduit à moyen ou à long terme à une catastrophe nationale » ; ajoute-t-il. Et c’est ce genre de chose qu’il faudrait éviter en ayant un esprit averti. « Dialogue oui ; mais pas dans un sens d’exclusion mais en adoptant une attitude rassembleuse » ; souligne-t-il.

Il exige enfin au Gouvernement, premier responsable de la tranquillité du pays, d’organiser un climat qui favorise à tous de réfléchir ensemble et rester en conversation permanente. « Il est important que les pouvoirs publics aujourd’hui revoient la vision qu’ils ont et permettent sans trop tarder la stabilisation de la situation » ; renforce-t-il.

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