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24
2015

Elections collinaires : un scrutin calme et une faible participation en commune Matongo

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PacifiqueCubahiro

Ce lundi, 24 août 2015, se sont déroulées les élections des chefs de colline ou de quartier au Burundi. Ces élections donnent le droit à la population burundaise en âge de voter de se choisir des administratifs à la base. Au centre de vote de Burengo, la participation était de moins de 50% pour le total des votants.

Aucune raison ne semblait pouvoir perturber les opérations de vote qui avaient débuté 6 heures du matin dans les 5 bureaux de ce centre de vote de Burengo, selon le prescrit de la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI. Tout le matériel avait été récupéré la veille, les membres de chaque bureau de vote sur place, la police bien présente ainsi que quelques volontaires de la Croix-Rouge. La sécurité était d’ailleurs assurée sur tous les bureaux de vote de la commune Matongo, selon l’administrateur communal, Hacimana Alexis.
L’affluence n’était pas grande toute la journée. Pas besoin de faire la queue et certains membres des bureaux pouvaient faire un petit saut pour ceux qui étaient tout près de leur maison.

A 30 min de 16 heures, le moment de clôture de vote, aucun bureau de vote n’avait atteint la moitié des votants. Une situation qui révolte pourtant, Harerimana Jean Claude, étudiant de l’université du Burundi dans la faculté d’Economie : « Les élections collinaires sont très importantes pour un citoyen ordinaire. Un chef de colline lui sera toujours très proche dans ses épreuves et connaîtra plus ses problèmes que tout autre dirigeant. »
Nimbona Audace, un de deux mandataires trouvés sur les 5 bureaux de votes de la colline Burengo, trouve une raison de plus pour cette faible participation : « Beaucoup disent que les élections ont fini avec les communales et les présidentielles. Mais certains s’étaient inscrits sur ce centre pour toutes les élections alors qu’une partie des votants sont de la colline Bandaga. Pour cette catégorie, venir voter quelqu’un qui ne va pas les diriger, c’est peine perdue. »

Peu importe le taux de participation, les votants de la colline Burungo doivent élire 5 candidats- le premier aura le poste de chef de colline et les 4 autres seront ses conseillers- sur les 11 dont 5 femmes. Ces candidats doivent se présenter sans parrainage du parti. Mais selon des sources concordantes, tous ces candidats sont du CNDD-FDD, le parti au pouvoir.

Des élections avec moins d’enjeux politiques

Les élections collinaires sont les moins compliquées pour la CENI depuis 2005. Elles sont toujours les dernières à être organisées. Les partis politiques ne sont pas concernés, du moins formellement. Peu d’observateurs sont envoyés sur le terrain. Chaque candidat compte sur la notoriété qu’il jouit dans son entourage, en principe, pour être élu.
Pour Jean Claude Nsabimana, président d’un des bureaux de vote du centre Burengo, les politiciens doivent conscientiser la population pour l’éclairer sur le choix à faire pour ce scrutin. Il trouve aussi que l’administration communale ne s’implique pas assez pour encourager les gens à se faire élire. 11 candidats pour 3 postes est un nombre réduit au regard de la fiche de la CENI, qui réserve 20 places pour remplir les noms des candidats.

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