aoû
18
2015

Kayanza : Les autochtones réclament des terres et des logements

La communauté des Batwa du Burundi est considérée comme une population autochtone. En commune Kayanza de la province Kayanza, les Batwa de certaines localités mènent un mode de vie misérable. Ils réclament à cet effet, que l’administration leur fasse des terres et leur construisent des maisons durables. L’autorité administrative reconnaît cet état de fait, mais elle trouve opportun d’insérer d’abord ces gens dans d’autres communautés, leur octroyer ensuite  des terres  et enfin ils suivront  le modèle des autres en matière de développement.

Les sites de Munkazi, Jugwe et Rabiro, sont des localités situées non loin de la ville de Kayanza où est installée une population autochtone de l’ethnie Batwa. Ceux-ci habitent dans de petites huttes, sans chambres ni fenêtres, agglomérées loin d’autres communautés. Ces logis étant faits en pailles pour la plupart, leur durée est souvent précaire : s’ils ne prennent pas feu, leurs toitures s’envolent lors des pluies orageuses. Autour de  ces mêmes habitations, on ne constate nulle part l’existence des latrines. Interrogée à ce propos, Judith Miburo du site de Jugwe, une femme âgée de 33ans et mère de huit enfants, nous a fait savoir qu’il n’y a pas suffisamment d’espace pour aménager les lieux d’aisance. Elle précise que le soulagement sefait dans les buissons avoisinant leurs demeures et ajoute que la question d’hygiène est le cadet de leurs soucis.

Quant aux activités qui les font vivre, c’est en grande partie la poterie. Gloriose Bucumi et Marie Minani sont des femmes rencontrées respectivement aux sites Jugwe et Rabiro, en train de fabriquer des pots et des braseros. Elles nous ont signifié que leurs produits sont vendus entre 150 et 200 francs burundais, la pièce. Et à défaut, ont-elles poursuivi, ces objets sont échangés contre des vivres chez les autres communautés.

Pendant que les femmes s’occupent de cette activité, certains maris vaquent au transport des bagages en ville, les autres aident les boutiquiers vivant à la campagne, à pousser sur des montées des vélos chargés de marchandises achetées en ville. Habonimana et Misago sont des hommes âgés de plus de 40 ans qui exercent ce métier. Ils disent pouvoir gagner une somme d’argent variant entre 400 et 500 francs burundais par jour. Juste le prix d’un kilo de farine de manioc. Toutefois, ils font savoir que ce revenu ne leur permet pas de subvenir à leurs besoins. Ce qui les pousse même à ne pas envoyer leurs enfants à l’école. Telles sont, expliquent ces Batwa, les quelques unes des conséquences dues au manque des terres. S’agissant des relations existant  entre eux et les autres communautés, ces Batwa disent que le sentiment de répugnance à leur endroit subsiste toujours.A titre illustratif, il ne s’observe pas de contrats de mariage entre eux et les personnes d’autres ethnies. Certains même, ajoutent nos interlocuteurs, refusent encore aujourd’hui de partager des repas ou des objets de ménage avec eux.

A propos de l’avenir de cette communauté, Jean Marie Manirakiza, administrateur de la commune Kayanza et François Sinzobakwira, président de la ligue des droits de l’homme Iteka dans cette commune, convergent sur un même point de vue : « Les Batwa doivent jouir des mêmes droits que tous les burundais. Mais, au lieu de continuer toujours à vivre  repliés sur  eux-mêmes, il faut une politique nationale de les insérer au sein des autres communautés. Et quand des terres leur seront  déjà octroyées, au fil des temps, ils vont suivre le modèles des autres en matière de développement ».

 

Jean Nahimana, correspondant de la RTNB à Kayanza

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