aoû
29
2015

La crise socio-politique, plus de ligne directe Bujumbura-Kampala

Depuis la fin du mois d’avril de cette année, les bus qui transportaient les passagers vers l’Ouganda ont suspendu leurs services sur la ligne Bujumbura-Kampala. Les agences Gaagaa et Jaguar ne fonctionnent plus, les deux agences qui assuraient cette liaison. Aujourd’hui pour se rendre en Ouganda, il faut obligatoirement prendre d’abord un bus pour Kigali. C’est à partir du Rwanda où on trouve enfin un bus pour l’Ouganda. Cette escale fait traîner les passagers et les oblige de mettre davantage la main dans la poche.

Avec la crise, le prix du ticket de voyage pour Kigali et Kampala a augmenté : Bujumbura-Kigali, un passager paye 15.000 fbu, et Kigali-Kampala, 8.000 frwa. Au total, un passager paye autour de 70.000 shillings (près de 40.000 frbu), en lieu et place de 55.000 shillings ougandais (près de 30000 frbu avant le mois de mai), hormis les autres dépenses pendant l’attente du bus de Kampala. Ainsi, constate Ernest Nshimirimana, un commerçant qui se rend souvent en Ouganda.

A la gare communément chez « Sion», je trouve le bureau de Gaagaa fermé, par contre, chez Jaguard, le bureau est ouvert. Barege Omari, une quarantaine d’années, est responsable de l’agence Jaguard, affirme que leur bureau n’assure que le service de réservation des tickets pour prendre le bus à Kigali vers Kampala : " Nous exigeons des francs rwandais car la monnaie burundaise est trop vacillante sur le marché, nous craignons de perdre de l’argent dans le change. " En effet, le franc burundais a perdu sa valeur par rapport au dollar, à cause de la crise socio-politique. Le taux de change du franc burundais connaît souvent des fluctuations importantes.

Pour Omari Barege de l’agence Jaguar, les raisons de la suspension sont avant tout économiques que sécuritaires : il y a eu plus de gens qui quittaient certes Bujumbura, mais peu de personnes effectuaient le retour. Ils ne pouvaient pas encaisser ce manque à gagner important. Il regrette que les bus de l’Office des Transports du Burundi, Otraco, aient suspendu le trajet et font comme les autres. Ces bus se rendaient trois fois par semaine à Kampala, aujourd’hui, ils arrivent à Kigali seulement. Il pensait que le moment était opportun pour l’OTRACO afin de venir en aide aux passagers burundais, surtout que les agences qui ont fermé les portes appartiennent toutes aux ougandais.

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