aoû
15
2017

Luzolo Bambi dépose une liste provisoire de mandataires ciblés au Procureur Général de la République

Luzolo Bambi, le conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, a transmis au Procureur Général de la République (PGR) une liste de mandataires publics mais aussi de sociétés pétrolières en complicité avec des banques qui sont accusés de fraude fiscale.

L'hebdomadaire AfricaNews donne certains détails se rapportant aux 14 dossiers judiciaires que le conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de lutte contre la fraude, le blanchiment des capitaux, Luzolo Bambi, a transmis le 4 août 2017 au Procureur général de la République, Flory Kabange Numbi. Des enquêtes susceptibles de faire tache d’huile au moment où l’Etat est presqu’en cessation de paiement. L’argent parait être entre les mains des fossoyeurs de l’économie alors que fonctionnaires et agents de l’Etat sont impayés depuis près de deux mois. Du jamais vu ces dix dernières années. Ce qui fait dire à certains que l’opération lancée par Luzolo vise à sauver les meubles.

La liste provisoire dressée par le Spécial sous forme d’une note technique au PGR concerne dans un premier temps des mandataires publics en fonction et des mandataires publics honoraires comme le Directeur général de la Régie des voies aériennes -RVA-, Bilenge Abdalah ainsi que son directeur financier Mwamba Sabiti, soupçonnés de détournement des deniers publics d’ordre de 48,2 millions de dollars et d’avoir hypothéqué « toutes les recettes de la RVA à la RawBank en signant un contrat de gré à gré qui leur permet, sous couvert d’une gestion opaque de l’IDF -go pass-, de retirer des sommes colossales auprès de la RawBank sans justifications ».

L’ancien Directeur général de la Direction générale des impôts -DGI-, Dieudonné Lokadi Moga, est cité pour des faits de corruption, « en complicité avec » le Directeur des grandes entreprises Mbuyu et le Receveur principal Mbambi Munuki. Il leur est reproché d’avoir dégrevé « totalement » la somme de 226.525.602.628,11 francs congolais payée au Trésor par la société Minocongo. Le nom de Kansou Saeb, patron de Minocongo, y apparait également.

Luzolo accuse également la société Minocongo de blanchiment des capitaux pour avoir transféré, au moyen des licences d’importation modèle « IB » à travers Byblos Bank, la somme de 54,6 millions de dollars.

Des banques trempées dans la magouille jusqu’au cou ?

Anatole Kikwa, l’ancien Directeur général de l’OGEFREM, n’est pas en reste. Il est indexé pour détournement présumé, de connivence avec son directeur financier Numbi Yanga, des sommes 7.019.684.194, 32 FC et 15.797.745.994, 50 FC issues respectivement de la TVA et de l’IPR collectées et à reverser dans les comptes du Trésor.

Le liquidateur de Lignes aériennes congolaises (LAC), Norbert Sengamali, est également dans le viseur du Spécial Luzolo. Grief retenu à sa charge : spoliation des biens meubles et immeubles de cette société en liquidation et détournement des recettes issues de la vente de certaines maisons de cette compagnie aérienne. Les recettes de deux actes de vente de deux immeubles qu’il reconnait avoir vendus s’élèvent à 1 million de dollars.

Hormis les mandataires objets des accusations du conseiller spécial antifraude, des soupçons de blanchiment des capitaux sont retenus contre les sociétés pétrolières Cobil, Total et Engen en complicité avec les banques correspondantes, notamment RawBank, BCDC, ECOBANK, Standard Bank. « Elles sont accusées d’avoir transféré à l’aide des licences d’importation des fonds à l’extérieur du pays sans contrepartie des marchandises », lit-on dans la note technique, où il est précisé que les montants documentés s’élèvent à 104.171.993,23 dollars.

Bivac, Congo Futur, Midema et Socimex ont, selon les documents reçus par les services de Luzolo, versé dans la fraude fiscale pour la période allant de 2010 à 2014 et doivent, pour ce fait, plusieurs millions de dollars à l’Etat. Il s’agit de 2,8 milliards de francs pour Congo Futur ; 32,5 milliards de francs pour Midema ; 2,2 milliards de francs pour Fouani Congo et 9,9 milliards de francs pour Socimex. Zenith, la société qui a perçu 10 millions de dollars pour la construction de sept passerelles sur le Boulevard Lumumba, figure également sur cette liste.

On apprend que les 14 dossiers présentés au PGR ne constituent qu’une première vague. Des sources dignes de foi évoquent environ 50 dossiers concernant également des ministres en poste et honoraires, des gouverneurs, des opérateurs économiques privés, des hauts fonctionnaires de l’Etat ainsi que des dirigeants des banques commerciales.

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