sep
04
2015

Offrir un cadre légal aux tradipraticiens pour assainir leur métier

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Pacifique Cubahiro

Chaque 31 août, l’Afrique célèbre la journée internationale dédiée à la médecine traditionnelle, domaine des tradipraticiens. Au Burundi, cette journée été organisée ce vendredi. Pour les tradipraticiens, l’heure est celle du regroupement en vue de bénéficier de la plénitude du cadre légal, qui sera bientôt au complet selon l’administration sanitaire.

Les tradipraticiens, ces « médecins », dont la nature est leur grande alliée, soignent avec des médicaments traditionnels. Ils sont plusieurs : De plus connus comme le prêtre Déo Ntahomvukiye et les bonnes sœurs, moines catholiques ; aux moins connus travaillant à titre individuel où la résidence sert d’adresse professionnelle ; en passant par des débutants intellectuels qui savent la vertu thérapeutique de certaines plantes. Aujourd’hui, ils sont regroupés dans plusieurs associations et un réseau a vu le jour.

Médecine traditionnelle, un secteur qui se recherche.

Selon le responsable de Hussein Barengayabo président de l’association tradipraticiens et herboristes du Burundi « ATRAHBU », parle d’un métier qui connaît des problèmes mais il reste optimiste. Il évoque notamment des difficultés liées au manque de confiance de la part de la population et des structures sanitaires, un problème de dosage des recettes qu’ils utilisent, etc.
Willy Bukuru, est secrétaire général du réseau national des associations des tradipraticiens au Burundi, regroupant quatre associations locales espère que certains problèmes seront résolus avec le décret présidentiel qui réglemente ce secteur de la santé : « On travaillait dans la clandestinité demain, nous serons des auxiliaires reconnus de la médecine conventionnelle. »

Deux médicaments, deux médecines.

Certains médecins qui avaient pris part aux échanges de cette journée dédiée aux tradipraticiens, restent toujours sceptiques quant aux médicaments présentés comme pouvant guérir certaines maladies que la médecine occidentale ne parvient pas toujours à soigner notamment les diverses hépatites.
Miburo Joselyne, est responsable du département de la médecine traditionnelle au ministère de la Santé se satisfait du pas franchi dans la réglementation du domaine de tradipraticiens. Même sous l’égide d’une bonne réglementation, il y a beaucoup à faire pour faire évoluer ce secteur : « Il nous faut plusieurs études scientifiques et des laboratoires pour attester l’efficacité de ces médicaments et déterminer l’innocuité de ces derniers. C’est la seule solution du rapprochement entre la médecine traditionnelle et celle dite conventionnelle, abusivement appelée moderne. » Fait- elle savoir.

Dans certains pays africains notamment le Niger, certains médicaments traditionnels certifiés, comme celui contre le paludisme, sont prescrits par des docteurs, des fois, en lieu et place des médicaments industriels. L’Organisation Mondiale de la Santé, OMS, fait de la médecine traditionnelle son cheval de bataille en Afrique, mais au Burundi, le pari est loin d’être gagné.

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