jui
06
2015

Président Yoweri Museveni, nouveau médiateur à la crise au Burundi : opportunités et défis

Lors de la signature de l’Accord d’Arusha pour la paix en 2000, le président Yoweri Kaguta Museveni, président de la conférence régionale sur le Burundi a déclaré : "No genocide, no monopoly on power, that means democracy and security for all. That means none of you should have any fears."
C’est ainsi qu’il a félicité les burundais pour l’étape ultime vers la résolution de la crise politico- ethnique dont le Burundi était le théâtre au péril du citoyen ordinaire grâce à la facilitation de feu Président Nelson Mandela.
Près de 15 ans après, le voici prendre sa place en tant que nouveau médiateur sur un conflit qui trouve pourtant origine sur cet accord qu’il avait parrainé, interprété différemment sur la limitation à deux mandats pour le Président de la République.
Le monopole du pouvoir et le risque de génocide qu’il craignait, sont des dangers qui guettent à tout moment les burundais selon plusieurs experts en raison de la contestation du 3ème mandat de Pierre Nkurunziza.
Atouts
Depuis des années, il a été président de longue date de la conférence régionale sur le Burundi. La connaissance du Burundi dans tous les méandres de la crise politico-ethnique contemporaine lui prête un crédit d’un médiateur avisé, sur la question aujourd’hui en suspens, celle du 3ème mandat de Pierre Nkurunziza. Il a aussi abrité plusieurs négociations dans son pays, notamment celles entre les rebelles du M23 et le Gouvernement congolais. Sa longue vie au pouvoir, une fois positivée par les parties prenantes au conflit, peut lui servir aussi de levier pour faire une médiation sage. Ayant fait le maquis pour accéder au pouvoir en 1984, il sait bien le bénéfice d’une résolution pacifique de tout conflit politique.
Faiblesses
Le vieux Museveni est nommé médiateur par un sommet des chefs d’Etat de la Communauté est africaine à Dar-es-Salam, un sommet qui ne l’est que sur le nom. Parmi 5 présidents attendus, seul lui et son homologue tanzanien étaient présents avec les ministres des affaires étrangères qui représentaient les autres chefs d’Etat « empêchés ». Cette absence au sommet traduit une fois de plus le désaccord de ces chefs d’Etat sur le 3ème mandat de Pierre Nkurunziza. Le mieux serait d’avoir une position commune pour conforter le travail du nouveau médiateur.
Même si l’opposition dit toujours ouverte au dialogue sous sa médiation, reste à savoir si le président Museveni pourra aller jusque là où Said Djinnit et Abdoulaye Bathily, ses prédécesseurs dans la médiation, ne sont pas arrivés. C’est à dire, vers des débats avec engagement de la part des protagonistes au conflit de trouver une solution définitive au conflit.
L’autre embûche est qu’il vient faire une médiation sur les questions de mandat et des élections, des questions a priori, qui le concernent personnellement mais cette fois dans son pays. En effet l’opposition s’active, lui réclamant l’ouverture de l’espace politique pour des élections transparentes. Cette même demande est aujourd’hui l’enjeu des négociations qu’il est appelé à conduire pour le meilleur des Burundais aujourd’hui, pris en otage par la crise politique semble être appelée à durer. Lui sera-t-il facile de comprendre cette réclamation formulée au Burundi qu’il a du mal à juger la portée en Ouganda ? La situation politique actuelle dans son pays risque de ne pas passer inaperçue aux yeux des Burundais et ceux de la communauté internationale.
Voici le défi que la communauté est africaine vient de lancer au président Museveni en tant que nouveau médiateur au conflit, toujours avec le risque de monopole du pouvoir et de guerre meurtrière qu’il pensait épargner aux Burundais en parrainant l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation.

Pacifique Cubahiro pour Infos Grands Lacs.

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