sep
17
2015

Rare contrôle de qualité des produits alimentaires mis en vente

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Pacifique Cubahiro

Tout produit alimentaire transformé par la main de l’homme ou à l’aide de la machine doit faire objet de contrôle de qualité selon Pr. Séverin Sindayikengera, directeur du centre national de technologie alimentaire, CNTA. Mais rares sont les analyses faites par ce centre. Curieusement, personne n’est inquiété, autant pour les fabricants, les commerçants et encore moins les consommateurs sur les risques sanitaires de certains de ces produits.

Beaucoup de produits sont aujourd’hui vendus après une certaine transformation : des jus, des farines composées, des cacahouètes, des pains et beignets, du lait et ses dérivés, des confitures, des mayonnaises, etc. Un commerçant qui a requis l’anonymat et tient une boutique alimentaire en commune Gihosha, se moque des contrôles de qualité qui ne sont d’ailleurs qu’hypothétiques au Burundi : « Je ne m’en tiens qu’au choix des clients. Si tel produit est acheté sans interruption, c’est un signe encourageant. Le produit est sans équivoque meilleur et je continue à passer des commandes », fait-il savoir.

Ayant mis en doute les farines composées qu’il vend à ses clients en provenance de ses fournisseurs malgré des étiquettes alléchantes, Nshimirimana Nestor un autre commerçant, a placé la confiance en sa femme. Désormais, c’est sa femme qui lui fournit les principales farines composées. Barore est un rwandais qui a ouvert une boulangerie à la Gare du Nord depuis 2013. Il affirme détenir des documents qui lui permettent de travailler mais ne sait pas encore si le pain qu’il fabrique est propre à la consommation.

Les clients ne savent pas à quel saint se vouer car c’est souvent le goût et quelques fois l’odorat qui jugent si un produit peut être consommé ou pas. Pourtant un Bureau Burundais de Normalisation, BBN, a la charge de certifier pour chaque produit, la qualité autant pour les aliments que tout autre produit. Pour le moment, ce bureau n’est qu’à son début et le pari est loin d’être gagné. Le Directeur du Centre National de Technologie Alimentaire, CNTA, Pr. Séverin Sindayikengera dit que son centre est bien équipé pour des analyses de tout produit alimentaire : « Personne ne peut avoir peur car nos analyses ne coûtent pas chères. »

Il dit que les analyses comme celles relatives à la basicité ou acidité, la date de péremption ne dépassent pas dix milles francs burundais. Par la suite, les demandeurs pourront suivre d’autres formalités au BBN. Il souligne en outre que les produits alimentaires non analysés restent potentiellement dangereux pour la santé des consommateurs.

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