jui
10
2015

Vers la reprise des enseignements en commune Ngagara.

Ecofo 2 Ngagara

Pacifique Cubahiro

Les écoliers des quartiers qui ont été le théâtre des manifestations contre le 3ème mandat de Pierre Nkurunziza reprennent timidement le chemin de l’école après deux mois d’arrêt.
Prince, c’est un jeune qui m’a tendu la main avec ses 2 autres amis à la sortie de l’Ecole fondamentale 2 du quartier Ngagara, vers midi. Deux cahiers à la main, vêtus de leurs habits de messe, ils s’arrêtent et acceptent de me parler. Sur plus de 50 élèves, ils étaient 6 écoliers à suivre les cours dans sa classe de 3ème année. Ils ne peuvent pas non plus porter de l’uniforme de peur qu’ils soient vite repérés dans leurs quartiers. Près de ces enfants, je trouve Kaneza Divine de l’école secondaire, en 10ème année. Elle est venue se renseigner si vraiment, il y a cours ou pas pour amener la semaine prochaine sa cadette. Elle est déçue par l’insuffisance des écoliers. Tous ces enfants ne demandent que la sécurité afin de parachever leur année scolaire.

Etudier oui, mais à quel prix ?

Bwimba Nathan, 3ème année, témoigne : « un jeune est venu et a remarqué qu’il n’y avait pas de militaires, il a commencé à siffler et ses amis sont venus pour nous faire sortir ». Cela s’est passé ce mardi.
Comme si cela ne suffisait pas, ces gens ont volé 3 téléphones portables des enseignantes, affirme Pierre Claver le président du comité de gestion de cette école. Pour lui, ces gens sont des voleurs qui profitent de la crise pour terroriser les gens. Il en a parlé aux organisateurs des manifestations, qui lui ont fait toutes les assurances.
Après cet incident de lundi, les responsables de l’école ont fait recours aux militaires. Vers 12h 30 min, ils quittaient l’établissement après s’être rassurés que la journée de vendredi s’est bien passée. Du moins pour la sécurité à l’intérieur de l’école.
Une enseignante qui a parlé sous couvert d’anonymat, ne mâche pas les mots : « Nous sommes venues malgré nous. Après tout, à quoi sert d’enseigner des enfants qui ne sont jamais sûrs de pouvoir terminer la journée ? Ceux qui sont présents se demandent où sont partis leurs camarades et ce qui leur adviendra ». Une question aussi pour elle mais malheureusement sans réponse.
Jean Pierre Badou Ntore, 17 ans révolus, interrompu sur son chemin qui passe derrière l’école ECOFO 2 du quartier Ngagara II, dit que reprendre les études avec de telles absences, c’est quasi-impossible. A son tour de formuler une demande : « Le gouvernement devrait prendre une sage décision pour ceux qui sont déjà parti. Après tout, ces enfants ont aussi ce droit de terminer l’année scolaire. » A-t-il fait savoir.

Finir l’année scolaire, une priorité.

Les écoles qui n’ont pas continué les cours sont entre le marteau et l’enclume : la peur de continuer les cours dans une situation peu quiète pour envoyer son enfant à l’école et échapper à la décision du ministère de l’enseignement de base. Sa position est claire : les écoliers et élèves qui ne vont pas finir les cours et clôturer l’année, ils reprendront l’année comme s’ils avaient échoué, ni moins ni plus.
Les enseignements ont été perturbés depuis le primaire jusqu’à l’université pendant les manifestations contre le 3ème mandat. En dépit de ces perturbations, le ministère de l’enseignement primaire et secondaire se prépare à la passation de l’examen de fin des humanités, examen d’Etat. Malgré ces perturbations, le concours national de 6ème année et le Test National de 10ème année ont été passés respectivement au mois de mai et juin, au grand dam de certains élèves et écoliers.

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